CITOYENNES EUROPÉENNES

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Son but : expliquer clairement et pragmatiquement le fonctionnement de l'Union, au moment où 2002 marque une étape essentielle dans son Histoire, avec la convention qui travaille depuis quelques mois pour élaborer un projet de Constitution qu'elle proposera aux chefs d'Etats et de gouvernements. Cette année est également celle de la préparation de l'élargissement dont la première vague devrait avoir lieu dès 2003. Elargissement qui provoque beaucoup de réticences voire de peurs dans de nombreux pays européens.

Il est également de bon ton, notamment dans les médias français, de gloser sur le "déficit démocratique", alors que la démocratie -nous le verrons tout au long de ce travail d'explication- est probablement ce qui manque le moins à l'Union européenne. En revanche, il existe sans aucun doute "un déficit politique" très net puisqu'il apparaît de plus en plus clairement que les citoyens européens, lassés de cet objet technique, trop neutre que l'Europe semble être pour eux, souhaitent, de façon fort confuse il est vrai, une politique européenne revendiquée, assortie d'une vraie politique étrangère et d'une réelle politique sociale.
Selon les diverses enquêtes d'opinion et sondages publiés, il apparaît que si l'irréversibilité de la construction européenne n'est remise en cause par personne -sauf en Grande-Bretagne- les citoyens font preuve aujourd'hui d'une demande d'informations et surtout d'une demande d'éclaircissement sur ce qui leur apparaît encore largement opaque. Il apparaît aujourd'hui que l'Europe et ses institutions, telles qu'elles ont été voulues ou rêvées par les pionniers(ères), ne répondent plus totalement à cette espérance et que seul(e)s les plus convaincu(e)s continuent à se mobiliser pour défendre la construction européenne. C'est le "désir d'Europe" qui fait désormais défaut !

Les femmes notamment marquent une certaine méfiance qui se manifeste dans les sondages bien sûr, mais aussi dans les élections qu'elles sont plus nombreuses à bouder. Marquant ainsi une hostilité vague à l'encontre de ces "hommes en gris" qui les ont trop longtemps contenues dans un rôle de "citoyennes de seconde zone". Et la suite des événements a montré qu'elles ont bien fait d'être méfiantes : à l'égard de la sécurité alimentaire par exemple -voir le cas de la vache folle- et dans leur exigeance de qualité.
Certes cette image est en train de s'améliorer grâce à la présence plus massive des parlementaires européennes (40,2% en France) mais n'efface pas pour autant la crainte réelle de voir des avantages nationaux en matière de droits familiaux, sociaux, économiques et juridiques rognés par la recheche d'un plus petit dénominateur commun.

Les femmes, plus que les hommes, sont sensibles à un discours néo-keynésien sur la protection de l'environnement, la sauvegarde des droits humains et la défense des plus démunis qui ne relève pas de la pure utopie ou d'un passé révolu. Elles n'ont pas du tout compris, ni intériorisé que "la construction européenne est au contraire un moyen de se protéger contre les excès de la mondialisation néo-libérale". Et que la législation européenne s'est faite au contraire "par le haut". Sans doute l'a-t-on trop mal expliqué ou pas expliqué du tout. A nous de tenter de le faire. L'adhésion quasi unanime voire enthousiaste des Européens et des Européennes à l'entrée en vigueur de la monnaie unique montre qu'il est parfaitement possible de faire la preuve que l'Europe en marche est celle d'une Europe de la proximité et du quotidien.

 

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